Rodrigues
Entourée d’un lagon qui fait deux fois sa taille, Rodrigues
se situe au nord-est de Maurice. Long de 18 km et large de 8
km, elle est la plus petite et la plus récente formation
volcanique des Mascareignes.
Dixième district de la république mauricienne, l’île est sur
la voie de changements constitutionnels majeurs qui visent à
la rendre plus autonome. Ainsi, un Conseil local a été créé
à Rodrigues lors de l’accession de Maurice au statut de
république, le 12 mars 1992, afin de promouvoir le
développement de l’île.
Autrefois, l’île
était accessible uniquement par un navire de ravitaillement
qui assurait chaque mois une liaison. Aujourd’hui, Rodrigues
pense son avenir en termes de développement d’une industrie
touristique authentique : une escapade parfaite dans ce coin
tranquille de la planète.
Même si elle est rapprochée géographiquement de Maurice,
l’île a ses particularités culturelles et son caractère
propre. Les contours accidentés, les collines isolées et les
lagons calmes laissent au voyageur une impression
inoubliable : celle d’un retour à la nature. Ces facettes
n’ont pas manqué d’inspirer nombre de visiteurs, dont le
romancier français Jean-Marie Le Clézio.
Les petits hameaux où le temps semble suspendre son vol, les
îlots au large où vivent des espèces protégées, l’accueil
chaleureux de la population locale et un environnement
intact combleront le voyageur en quête de simplicité et de
solitude qui y découvriront un style de vie insulaire
exceptionnel et paisible.
Un peu d'histoire
La découverte de Rodrigues par Diego Rodriguez, un navigateur
portugais, remonte probablement à 1528. Les Portugais utiliseront
l’île essentiellement comme un port d’appel pour ravitailler leurs
navires. Les Hollandais ne manqueront pas de débarquer à Rodrigues
pendant leur occupation de l’île Maurice. Mais ce sont des colons
français qui peupleront l’île à partir de 1691. Les Anglais leur
succèdent en 1809 et l’île devient, sous l’administration
coloniale anglaise, une dépendance de Maurice. La pêche, le maïs
et le haricot sont les principales marchandises expédiées vers
Maurice. Rodrigues est alors considérée comme le « grenier de
Maurice ». Rodrigues sera surtout connue grâce à François Leguat,
un huguenot qui avait fui la France et qui séjournera dans l’île
pendant deux ans avec quelques compagnons. Il fera une excellente
description de l’île dans son récit Voyages et aventures. Il
évoquera la richesse de la faune et de la flore de l’île et
donnera des détails sur le Solitaire, un oiseau proche du Dodo
mauricien, aujourd’hui disparu.
Situation de l'ile Rodrigues
Mais où est-elle située?
Rodrigues est entourée d’une barrière de corail qui protège un
immense lagon avec quelques rares passages, connus dans le jargon
des pêcheurs comme « la passe ». Le lagon abrite 18 îlots et
atolls, Deux de ces îlots ont été proclamés réserves naturelles
protégées : l’île aux Cocos et l’île aux Sables. Le climat
comprend deux saisons : l’été (de novembre à avril) et l’hiver (de
mai à octobre). Les vents du sud-est soufflent toute l’année. La
température varie de 33°C en été à 14°C en hiver. Les cyclones et
les périodes de sécheresse sont des phénomènes récurrents dans
l’île. La période cyclonique s’étend de novembre à avril alors que
la période sèche intervient entre septembre et novembre.
À découvrir
Les balades à l’île aux Cocos, la visite de Caverne Patate, la
pêche et la plongée sont des moments de plaisirs intenses. Les
routes de montagne, les petits sentiers côtiers, les ravins au
fond des régions boisées et les caves sont autant de prétextes
pour aller à la rencontre de l’île à travers des randonnées et des
excursions. La pêche et l’exploration des ruines marines en
plongée sous-marine permettent également aux visiteurs de profiter
pleinement de leur séjour.
Port-Mathurin, la capitale
Situé sur la côte nord, Port-Mathurin abrite l’unique port de
l’île. Ce grand village prend son nom de l’un des premiers colons
arrivés dans l’île, Mathurin Brehinier. Il regroupe la plupart des
institutions et commerces de l’île. Port-Mathurin est un point de
départ idéal pour aller à la découverte du reste de l’île avec
l’aide des guides locaux.
Sorties en bateau à l’île aux Cocos et l’île aux Sables
Ces deux bancs de sable sont des réserves naturelles, en raison de
la multitude d’espèces menacées qui viennent y trouver refuge. Ces
deux îlots sont protégés depuis 1980, afin de sauver les espèces
d’oiseaux indigènes dont la vie était menacée, notamment le fody
et la fauvette. La visite de ces îlots est étroitement contrôlée
par l’État et nécessite un permis qui peut être obtenu auprès du
Central Administration Office à Port-Mathurin.
Sur la côte est, Pointe Coton est une des plages les plus
ensablées de l’île. Plus au sud, Port Sud-est offre une vue
imprenable sur le lagon et sur les petits atolls Hermitage, Chat
et Gombrani. Le village est traditionnellement attaché à la pêche.
Dès l’aube, les pêcheurs s’affairent à récupérer leurs cases du
lagon.
Pour ne rien rater de ce rituel quotidien, le débarcadère est le
lieu où les prises du jour sont débarquées, puis vendues sur place
ou acheminées vers des dépôts à Port-Mathurin. À proximité, le
village le plus proche est Songe où cochons et bétail gambadent
librement sur les flancs des collines.
Au sud-ouest de Rodrigues, les caves de Caverne Patate peuvent
être visitées en partant des chemins montagneux, en direction du
nord jusqu’à Saint-Gabriel puis vers l’ouest, ou de Songe à Petite
Butte, le long de la côte sud où des panneaux d’indication
montrent le chemin vers les caves. En route, l’église de
Saint-Gabriel, saint patron de l’île, ne passera pas inaperçue.
D’autres détours agréables : Petit Gabriel, Quatre Vents et
Rivière Cocos.
Lors de son passage dans l’île, le visiteur notera probablement
l’étroite intimité qui existe entre le Rodriguais et la terre,
particularité qui se révèle dans les noms authentiques des
localités à la saveur tropicale : Papaye, Mangues, Mont Limon, La
Ferme, Rivière Banane...
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